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L'analyse d'Eric Boyer
Eric Boyer, notre consultant, revient sur la première
semaine de course, jauge la performance de Lance
Armstrong , évoque Jean-Patrick Nazon, et estime que la
course va devenir de plus en passionnante au cours des
prochains jours.
Quel regard portez-vous sur cette première semaine de
course ? «Par rapport aux éditions précédentes où il ne se
passe généralement pas grand chose lors des étapes de
plaine, ce n'est pas le cas cette année où on ne s'ennuie
absolument pas. Finalement, ce sont les conditions
météorologiques qui ont donné du piment à la course. A
l'image de la formation CSC, auteur d'une "bordure" lors de
l'étape de Châteaubriant, les équipes de routiers-
sprinters, qui sont là pour marquer des points, se lâchent.
Les phases offensives sont plus que jamais intéressantes et
c'est une excellente chose pour l'intensité de la course.
On peut remarquer l'absence des grands sprinters et
l'émergence d'une nouvelle génération symbolisée par Nazon,
Boonen et Hushovd.
Quel coureur avez-vous remarqué en particulier ? Justement,
j'ai beaucoup aimé Jean-Patrick Nazon. Il m'impressionne
depuis longtemps. Je continue de penser que c'est l'un des
plus grands sprinters du monde. Il a malheureusement du mal
à assumer ses responsabilités sans doute en raison d'une
trop grande timidité. Il doit croire en son énorme
potentiel. Son équipe,l'AG2R, devrait davantage l'épauler
psychologiquement pour qu'il puisse revendiquer totalement
ses grandes aptitudes.
Comment se situe Lance Armstrong après cette semaine
éprouvante ? Il est là. Au mois de juin, il avait éprouvé
certaines difficultés dans ses courses préparatoires et
notamment sur le Dauphiné Libéré. On peut toutefois se
demander s'il ne bluffe pas. C'est un gros point
d'interrogation pour la majorité des observateurs. C'est
vrai que par le passé, il a toujours un peu fonctionné comme
ça, mais là, il ne peut plus employer cette tactique.
Et ses principaux rivaux ? Roberto Heras, Jan Ullrich et
Tyler Hamilton ont franchi le cap de la première semaine,
somme toute assez tranquillement. Attention à Jan Ullrich
qui devrait se montrer aérien dans la montagne. Je crois
beaucoup en Roberto Heras. Il a réussi à passer sans
dommages cette première semaine de course sans faire parler
de lui à l'instar de sa formation Liberty Seguros. Dans une
course comme le Tour de France, arriver à faire ça, c'est
l'idéal. J'attends de voir également si Tyler Hamilton et la
Phonak sont capables de rivaliser avec Lance Armstrong. Je
pense qu'ils ont les moyens de le faire.
Comment voyez-vous la suite des événements ? Encore un peu
de patience et nous devrions assister à une belle bagarre au
cours des prochains jours. Pas ce mardi où il ne devrait pas
y avoir de grosses surprises lors de l'étape de Guéret, mais
plutôt mercredi avec le tronçon Limoges-Saint-Flour. Il y
aura alors une libération d'énergie qui devrait être
positive pour l'intérêt de la course. Elle laissera encore
sur le carreau des candidats à la victoire finale.
Toutefois, je ne crois pas que le profil du futur vainqueur
se dessinera au sortir des Pyrénées mais plutôt après le clm
de l'Alpe-d'Huez.»