http://www.lequipe.fr/Cyclisme/20051006_165529Dev.html
Le manager de la formation française Bouygues Telecom, Jean-René Bernaudeau,
s'est déclaré jeudi favorable aux contrôles antidopage sur la ligne de
départ suite aux révélations du quotidien l'Equipe, selon lesquelles des
équipes se livreraient à des autotransfusions avant le départ d'étapes du
Tour de France.
«Si les scientifiques estiment que la solution consiste à se piquer le bout
des doigts au coup de pistolet, c'est une bonne nouvelle. C'est le prix à
payer et mes coureurs adhèreraient. Ces révélations constituent une vraie
richesse car plausibles, et donnent envie, aujourd'hui, de se battre un peu
plus encore. Il y a des noms, des témoignages. C'est important car il s'agit
là de véritables révélations», confie Jean-René Bernaudeau.
Dans son édition de jeudi, le journal L'Equipe a publié les accusations d'un
ancien médecin de l'équipe américaine US Postal, Prentice Steffen, qui
affirme que des équipes participant au Tour de France se livreraient à des
autotransfusions avant le départ des étapes. Steffen, qui a quitté l'US
Postal fin 1996 avant l'arrivée de l'Américain Lance Armstrong, a décrit le
procédé en parlant de propos rapportés et sans citer le nom de son
informateur.
L'ancien quadruple vainqueur du Midi-Libre connaît trop les galères
encourues avec les contrôles inopinés à l'hôtel. «Des prélèvements sur la
ligne seraient moins pénalisants», estime-t-il. Jean-René Bernaudeau a ainsi
rallié, jeudi, la capitale dans la joie. «Ces papiers sont rassurants. Ils
prouvent qu'il y a des gens honnêtes, qu'il existe un vraie volonté. On ne
peut pas, sans arrêt, occulter les affaires...», insiste-t-il.
L'animateur de Vendée U ne souhaite toutefois pas absolument «coincer» les
tricheurs ou les «faire payer». «A mes yeux, il est plus important de
développer la lutte de manière à ce que chacun possède des chances égales»,
explique-t-il.
Car, Jean-René Bernaudeau n'en peut plus des reproches. «Ces gens, anciens
champions, consultants, membres de médias ou donneurs de leçons qui nous
font de mauvais procès. Ils vont devoir maintenant faire la part des choses
et montrer de l'humilité», martèle-t-il.